Ilke Aldemir

Le Pilates à Dubaï, surtout en plein air

Ilke Aldemir enseigne le Pilates à Dubaï et à travers le monde, mais elle sort dès que la journée le permet : un parc, une plage, un champ ouvert. Elle a construit sa pratique avec une scoliose et des douleurs chroniques au dos, ce qui lui a appris tôt à quoi sert vraiment le mouvement. Elle veut à la fois le calme et l'adrénaline, et ne voit pas pourquoi elle devrait choisir.

Où pratiquez-vous, et à quoi ressemble cet espace ?

« Dès que je peux, je bouge dehors. Mais je ne pense pas que le mouvement doive être limité par l'endroit où il a lieu : un studio, un salon, un champ ouvert peuvent tous devenir un espace de pratique. Ce qui compte, c'est ce que l'espace me fait ressentir, et s'il me permet d'être attentive à mon corps. »

À quoi ressemble une séance type ?

« Force, mobilité, conscience du corps. J'aime équilibrer le défi et l'aisance, laisser les gens explorer ce dont ils sont capables tout en restant honnêtes sur ce qu'ils ressentent ce jour-là. Je ne cours pas après la forme parfaite. La qualité du mouvement compte davantage pour moi. Chaque corps est différent et chaque jour est différent, alors je dis aux gens de s'adapter. Nous terminons toujours par une courte méditation. »

Qu'est-ce qui vous a attirée vers ce type de mouvement ?

« Le mouvement a été mon meilleur professeur. Tout a commencé par l'amour du sport, puis c'est devenu une façon de me comprendre. Je vis avec une scoliose et des douleurs chroniques au dos, et le mouvement m'a montré ce qu'il pouvait faire : non seulement renforcer, mais aussi gérer la douleur, construire la résilience, garder les choses en équilibre. J'apprécie le calme et l'intuition. Mais je suis tout autant attirée par l'autre versant : la dopamine, l'adrénaline, la sensation de dépasser consciemment la limite que je croyais avoir. »

Que signifie la régularité pour vous ?

« Ce n'est pas la perfection. C'est revenir, même quand la motivation n'est pas là. Certains jours, c'est un entraînement complet. D'autres, une marche ou des étirements. La régularité, c'est entretenir sur le long terme la relation avec son corps, et respecter ce dont il a besoin. Quand on cesse de la mesurer à la performance et à la comparaison, le mouvement n'est plus une obligation : il devient une chance. »

Qu'est-ce qui vous accompagne toujours quand vous bougez ?

« La curiosité. Pilates, course, danse, randonnée, ski, ou quelque chose que je n'ai jamais essayé : je bouge avec curiosité et ouverture. Cela me permet de continuer à apprendre, et me garde plus proche de l'expérience que du résultat. »

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Photos de Swapnil Ranjan.